Désir d’étonnement

desir-etonnement

Pour les fêtes de fin d’année, le constructeur automobile Kia et l’enseigne de jouets Toy’R Us ont imaginé un partenariat original : proposer une voiture familiale en édition limitée… garnie de cadeaux. Plus fort que le Père Noël. Récemment, on apprenait que la marque de maillot de bain de luxe Eres (propriété de Chanel) collaborait désormais avec l’hôtel Costes de la rue Saint Honoré, qui devient ainsi l’unique revendeur de deux modèles conçus spécialement pour lui. Réhaussés d’un liseré doré graphique, ceux-ci s’inspirent de l’environnement baroque des lieux et sont proposés en noir et en «rouge Costes». On savait la piscine de l’hôtel Costes prisée des people en tous genres, voilà de quoi leur permettre de se baigner dignement. Enfin, à l’occasion de la sortie du film Belle et Sébastien, Aigle propose une mini-ligne pour enfant, soit un bonnet et une écharpe en laine portés par le héros du film et vendus en édition limitée dans ses boutiques. Quand on sait que le film a été largement vu en famille, il est facile d’imaginer que de nombreuses mamans n’auront pas manqué de s’y projeter. 

Trois initiatives repérées au fil de la récente actualité qui sortent des habituelles opérations de partenariat consistant à demander à un « créateur » d’imaginer une série limitée ou d’intervenir sur une offre existante. Ici, l’étonnement consommateur vient de la dimension inattendue des propositions qui, à chaque fois, consiste pour les marques à se rapprocher d’acteurs qui sont a priori, éloignés d’elles. Une enseigne de jouets pour un constructeur automobile. Un hôtel pour une marque de maillot de bain. Un film pour un fabricant textile. 

Il vient aussi de la justesse de ces propositions, capables de se glisser dans ce qui fait rêver ses consommateurs, au-delà de toutes considérations produits. Une abondance de cadeaux à Noël. Un sentiment d’exclusivité. Le rappel d’un passé magnifié. La bonne innovation est celle qui sait emmener le consommateur dans ses fantasmes.L’imaginaire consommateur plus fort que l’imagination créateur. 

Continue Reading

Food listening

food-listening

L’affaire peut sembler anecdotique, parfaitement snob et totalement expérimentale. Elle n’en mérite pas moins l’attention de tous ceux qui traquent le futur dans les détails. Si les collaborations entre les marques de champagne et les designers sont légion, elles aboutissent le plus souvent à des flûtes ou seaux « réinventés » au pouvoir d’étonnement finalement assez faible. C’est ce qu’ont du se dire le champagne Krug et la designer Ionna Vautrin…

Résultat de leur rapprochement : un « Coquillage Krug » qui, posé sur un verre de champagne et une fois porté à l’oreille, permet d’entendre la musique mélodieuse des bulles de champagne et de révéler les facettes olfactives et gustatives de chaque cuvée … Une expérience inédite. Depuis le temps que les intellectuels des tables nous parlent d’harmonie et de mélodie des saveurs, il fallait bien que cela finisse par s’entendre. Ledit coquillage est réalisé en porcelaine de Limoges par Bernardaud et, accessoirement, individuellement numéroté à la main…

Ecouter le champagne avant de le boire, il fallait y penser. Poétique et universel, la « Krug sound expérience » renoue ainsi avec le geste universel consistant à entendre la mer au fond d’un coquillage. Simple et sensorielle, elle offre ici de nouvelles possibilités d’expression à un produit largement enfermé dans les conventions sociales. Elle est une invitation à activer l’ouïe pour appréhender la dégustation, réflexe que de nombreuses marques pourraient, elles aussi, initier.

Et si on se mettait à écouter les produits que l’on a l’habitude de regarder ? Le bruit des corn-flakes, de la mousse au chocolat, de la bière et de l’eau gazeuse, du pain et des biscottes. Alors que les nouvelles technologies ne cessent de proposer des expériences inédites et immersives, pourquoi les produits de notre quotidien ne contribueraient-ils pas, eux aussi, à « augmenter la réalité » ?

Continue Reading