Biotope

biotope

A Shibuya, dans le nouveau magasin G.U, filiale de Fast Retailing et donc cousin d’Uniqlo, les clients n’ont plus à essayer les vêtements qu’ils désirent, il leur suffit de les emporter chez eux, avant de décider s’ils les achètent ou non… Après avoir laissé leur nom et leur numéro de téléphone à l’accueil, ils disposent d’une journée pour s’assurer qu’ils sont à leur goût, à leur taille où même susceptibles de plaire à leurs proches. Pour éviter les vols, cette initiative ne s’adresse qu’à trente clients par jour et porte sur trois articles maximum…

Face à l’attentisme et à la pression budgétaire exercée par la crise, c’est peu dire que les enseignes déploient des trésors d’imagination pour inciter leurs clients à passer à la caisse. Après avoir agrandi leurs cabines d’essayage (pour en faire des « salons »), puis les avoir équipées en écrans et diverses technologies leur permettant de s’assurer une présence sur les réseaux sociaux, voilà à présent les enseignes de prêt-à-porter qui n’encouragent pas à l’essayage dans leurs magasins … Celles et ceux qui fréquentent H&M ont déjà noté qu’ils étaient bien souvent incités à rentrer chez eux sans passer par les cabines au nom de l’assurance d’une reprise et d’un remboursement sans discussion.

On comprend pourquoi. Côté clients, moins d’attente. Côté enseigne, moins de personnel occupé à compter le nombre d’articles essayés et de cintres… Il y a mieux à faire… Certains ne pourront pourtant s’empêcher de voir dans cette initiative la négation même de ce qui fait l’attrait du commerce réel face à son concurrent électronique : la qualité de son service et de ses conseils.

Si l’on conçoit bien l’importance prise aujourd’hui par le regard de ses « amis », du monde réel ou virtuel, dans les décisions d’achat (« je consomme, donc nous sommes n’est pas qu’une formule… ), pas sûr que celui-ci soit suffisant face au conditionnement psychologique mené par les enseignes à coup de bande-sons entêtantes et de mises en scène de plus en plus spectaculaires destinées à emmener chaque client vers un idéal de lui-même.

Les magasins sont des biotopes dont il ne faut pas trop s’éloigner si l’on veut préserver le désir d’achat.

Continue Reading

La main tendue

la-main-tendue

Les banques ont toujours aimé les étudiants. Surtout s’ils ont décroché leur bac et se sont inscrits en Prépa. Certaines ont même l’habitude de leur verser de l’argent sur un compte qu’elles se sont empressées de leur ouvrir. D’autres organisent des fêtes et autres « Nuit du Bac » sans alcool (bien sûr), histoire de bien marquer l’événement. Après l’effort, le réconfort…

Si elle n’échappe pas à ces tentations, La Banque Populaire a, cette année, choisi d’innover en s’intéressant, aussi, à la population des étudiants qui a du repasser l’oral. Ni ceux qui ont échoué (les vilains), ni ceux qui ont réussi (les chanceux). En marketing, il y a toujours quelque chose à faire avec « l’entre deux »….

Pour mener à bien son ambition, la banque a passé un accord avec Acadomia, spécialiste des cours particuliers. Le dispositif, inédit et gratuit, baptisé « Bac Up » (!), permet aux candidats admis au rattrapage d’accéder à des conseils personnalisés via une hotline dédiée ainsi qu’à des conférences et à des vidéos de préparation des oraux accessibles en ligne ou dans les centres Acadomia. Il leur suffit pour cela de s’inscrire sur une plateforme dédiée, pertinemment intitulée « nelacherien.com ». Une expression de jeunes habilement récupérée…

L’initiative illustre parfaitement ce que les consommateurs attendent aujourd’hui d’une marque : qu’elle les aide à se transformer, à s’améliorer, à devenir un autre. Traditionnellement, les marques proposent de l’efficacité, de la performance ou bien du goût et du plaisir. Elles sont désormais aussi attendues sur le terrain de la transmission et de la transformation de soi.

La marque qui « tend la main » aux consommateurs se profile à l’horizon. Elle ne fait pas tout, ne prend pas tout en charge, mais vient en aide. Pas de miracle, pas de sur-promesse, mais une relation plus équilibrée, plus mature, plus adulte. Une forme de responsabilité sociale comme une autre.

Continue Reading

Consom’auteur

consom-auteur

Barilla a récemment déclaré officiellement travailler en étroite collaboration avec une société néerlandaise de nouvelles technologies afin d’installer des imprimantes 3D dans certains restaurants. L’objectif ? Fabriquer des pâtes à la demande et de toutes les formes… A quelques jours d’intervalle, on apprenait que le confiseur Hershey’s qui produit notamment pour le marché américain les licences Smarties et KitKat de Nestlé, s’apprêtait à lancer des services d’impression 3D à destination du grand public. Il sera ainsi bientôt possible d’imprimer nos snacks préférés d’un seul clic… Quant à l’entreprise américaine Structur3D, elle propose, elle, un dispositif permettant aux imprimantes 3D existantes de fonctionner avec une grande variété de matériaux alimentaires. Nutella a été le premier à prendre la place des cartouches…

Pour le moment encore expérimentale, l’irruption des imprimantes 3D dans l’alimentaire n’est pas sans faire penser aux expériences et fantasmes ayant les drones pour héros… L’industrie alimentaire ne peut désormais plus négliger les avancées technologiques dans son processus d’innovation. L’enjeu ne se situe pas seulement au niveau du service et de la relation client (livraison, personnalisation, gestion des données…), mais aussi dans la conception même des produits.

Pour les marques, c’est l’opportunité de se montrer sous un jour nouveau, c’est à dire autrement qu’à travers des messages publicitaires, des packagings ou du « brand content ». Gérer sa propre communauté, interagir avec ses consommateurs, c’est bien, mais mettre à leur disposition des imprimantes 3D ou des logiciels de création, c’est encore mieux. Une nouvelle façon pour elles d’être présentes à leur domicile…

Pour les consommateurs, la généralisation de ces imprimantes sera l’occasion de leur prouver qu’ils sont bien (enfin) devenus co-producteurs de l’offre qui leur est destinée. Après le «consom’acteur», place au «consom’auteur».

Vivement demain !

Continue Reading