Made in Ici

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En collaboration avec la Ville de Paris, les Comptoirs Richard (un des principaux fournisseurs de café des bars parisiens) proposent depuis peu une gamme de cafés bio (certifiés Ecocert), pur arabica, estampillée de cinq quartiers emblématiques de la capitale. Leur conception a été orchestrée par des experts en café dont Michael McCauley de l’Académie du Café.

Trois d’entre eux sont moulus et deux sont vendus en grains : le café Champs Élysées, le café Bastille, le café des Abbesses, le café du Marais, le café Quartier Latin… avec pour chacun un arôme particulier. Le café Bastille, léger en bouche, est plutôt vif et savoureux ; le café Champs Élysées, subtil et complet, a davantage de tenue en bouche ; le café du Marais est rond et ses notes sont harmonieuses ; le café Quartier Latin (en grains) se présente comme élégant et équilibré alors que le café des Abbesses (en grains) est intense et velouté, idéal pour créer un latte macchiato et y composer d’artistiques formes…

L’affaire pourrait sembler anecdotique si elle n’était pas totalement révélatrice des attentes actuelles et donc pleine d’enseignements… Avec sa nouvelle gamme de cafés, les Comptoirs Richard viennent d’abord répondre à l’offensive des baristas et des petites brûleries indépendantes (Brûlerie de Belleville, Café Lomi, Café Coutume, Ten Belles…) qui ont réussi à modifier les règles de consommation et de perception du café par une dose supplémentaire de gestes, d’origines et de précision des mélanges.

Ils viennent aussi répondre à l’attente actuelle d’appropriation de leur quartier par leurs habitants. Un peu partout, fleurissent T-shirts et casquettes ou boutiques aux noms de quartiers (Pigalle, Belleville….). Pourquoi ne pas prolonger cette idée jusqu’aux produits de grande consommation ?

Enfin, les packagings de cette nouvelle gamme de café sont élégants et graphiques… ce n’est pas la moindre de leur qualité… Les paquets de café ne sont pas tous condamnés à vivre cachés. Surtout depuis que les cuisines, faute de place, sont de plus en plus souvent « ouvertes » et que les étagères s’y sont multipliées…

Des paquets de café beaux qui affirment l’expertise et flattent le sentim

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Le nouveau low-cost

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Cet été, H&M fêtait à New York l’ouverture de son plus vaste magasin situé sur la Cinquième Avenue. 5 300 mètres carrés et cinq étages. Le low-cost n’est pas toujours synonyme de discrétion. C’est aussi le premier magasin au monde à proposer de façon exhaustive toutes les références de toutes les lignes de l’enseigne, y compris les collections H&M Home pour la maison.

Pour l’occasion, l’artiste star Jeff Koons avait signé un sac à main orné de l’une de ses œuvres les plus connues, le « Yellow Balloon Dog », proposé à 50 dollars et également disponible au Whitney Museum of American Art, dans le cadre de la rétrospective qui lui était consacrée jusqu’au 19 octobre. Enfin, autre grande première pour ce flagship new-yorkais : un service de styliste personnel totalement gratuit sur rendez-vous…

Un emplacement de prestige, une dimension hors-normes, un partenariat avec une institution culturelle, un service de styliste personnel… qui eut pu imaginer qu’un jour le low-cost serait associé à de telles propositions ? La famille du low-cost ne cesse de grandir. Au commencement, le low-cost était « punitif » : ceux qui n’avaient pas d’argent ne pouvaient tout de même pas prétendre à la qualité, à la créativité et au plaisir d’achat. Le low-cost devint ensuite « idéologique » : une autre façon de consommer où le prix des choses semblait plus proche de leur valeur. Pourquoi toujours acheter et payer trop cher ? Avec la crise, le low-cost fut aussi récupéré par les consommateurs « malins ». Mixé à d’autres produits plus coûteux, il permet à chacun d’exprimer sa créativité au moindre coût et devient, ainsi, (contre toute attente) valorisant…

De réponse à un budget contraint, le low-cost est devenu moyen de se faire plaisir et même d’exprimer sa créativité. Moins transactionnel, plus émotionnel : à l’image de l’évolution de notre belle société de consommation.

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Hybride

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Après avoir évoqué ici, l’apparition, puis le développement des magasins mono-produit, manière très actuelle d’attirer l’attention et de faire preuve de son expertise, c’est maintenant au tour des magasins bi-univers. Une autre tendance qui vient nous confirmer combien le commerce est en mutation, entre désir d’une nouvelle génération d’en réinventer les codes et nécessité, face à un contexte économique tendu, d’en faire « plus avec moins ».

Ici, c’est une pâtisserie-librairie, là, une librairie-galerie, un peu plus loin, un disquaire-bar et même un resto-cinéma pour ne prendre que des exemples repérés dans la capitale. Vive le commerce hybride ! De telles enseignes sont d’abord le fruit d’une volonté individuelle. Celle d’un entrepreneur (souvent reconverti dans le commerce, d’où la fraîcheur des propositions….) qui a réfléchi à son projet et souhaite autant exprimer ses goûts que se différencier de la concurrence. Plus les enseignes « chaînées » et/ou internationales se multiplient, plus il devient stratégique de mettre en avant sa singularité en ajoutant à son offre principale un volet complémentaire et surprenant.

Elles sont aussi la preuve que le commerce s’envisage aujourd’hui, tous secteurs confondus, comme des lieux de vie et non plus seulement comme des lieux de transactions. Pourquoi les échanges seraient-ils toujours monétaires ? La curiosité peut naître avec la gourmandise. L’envie de boire un café avec celle d’écouter un disque. Et un moment de table peut se prolonger par un moment de cinéma.

C’est un commerce émotionnel, voire sensoriel qui prend ici forme où ce sont les envies (des propriétaires comme des clients) ou les esprits, et non plus les produits ou les marques, qui font le lien entre les offres. Une nouvelle manière de concevoir le commerce est née. Pour preuve, la manière dont les grandes enseignes suivent le mouvement. La Fnac n’organise-t-elle pas des ateliers créatifs (gratuits) à destination des enfants ? Une voie comme une autre pour les mener vers les livres et la culture…

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Fun Airline

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Les grèves ne sont pas les seuls événements qui touchent les aéroports. Entre deux conflits sociaux, la presse nous apprenait récemment que nous pourrions bientôt monter à bord d’un avion Hello Kitty à partir de Roissy Charles de Gaulle. La compagnie aérienne Eva Air a en effet décidé d’en faire son porte-parole avec des avions à son effigie, à l’intérieur comme à l’extérieur. Uniformes des hôtesses de l’air, sièges, appuie-têtes, oreillers, verres, assiettes jusqu’aux mets qui composeront les plateaux repas, tout sera mis aux couleurs du chaton au nœud. Bienvenue sur Hello Kitty Airline qui assurera, dès le 29 octobre, les liaisons Paris Taïwan à bord d’un Boeing 777…

L’offre peut prêter à sourire. Elle peut aussi être vue comme la première pierre d’un nouveau monde marketing. Un monde où les adultes régresseraient sans se cacher et où les images associées à l’enfance viendraient jouer un rôle rassurant ou antidépresseur. Si les marques ont toujours été considérées comme des univers, celui que suggère la compagnie Eva Air est pour le moins inattendu. La rupture n’est-elle pas devenue le Graal recherché par tous les marques en quête de notoriété et de modernité ?

Et ce n’est pas la seule raison de souscrire au « fun marketing »… Dans un environnement dominé par le story-telling et le recours permanent à des experts censés venir ajouter une couche de connaissance et d’expertise aux produits, la tentation de fuir par la porte de l’irrationnel et de l’émotionnel est grande. Avec Hello Kitty à bord, la performance et la qualité du service d’une compagnie aérienne prennent soudainement une autre couleur.

Enfin, qui dit « fun » dit légèreté, voire indulgence de la part de ses clients, soit un peu de répit pour des marques qui doivent, chaque jour, subir les assauts d’utilisateurs de plus en plus exigeants. Une bouffée d’air frais.

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