Néo-surprise

KINDERsurprise

Il y a peu, Kinder annonçait une petite révolution avec un tout nouveau concept de surprises pour ses célèbres œufs. 5 ans de recherche pour plus de 100 millions d’œufs écoulés chaque année dans le monde. Mieux vaut ne pas se tromper. Infinimix est le nom donné à la trouvaille qui ne devrait pas manquer de changer la vie de nombreux enfants : un ingénieux système de roue à cran, désormais le centre du dispositif, leur permettra de composer à l’infini les formes rencontrées dans les œufs, selon de grandes thématiques compatibles comme « Planet Jungle » ou « Sweet Puppies » pour les premières…

Surfer sur la vague des jeux de construction et des univers à thème est assurément une bonne idée car la façon de jouer des enfants, aussi bien des garçons que des filles, évolue dans ce sens. Kinder a du lorgner du côté de Lego et de PlayMobil… Plus étonnant est d’aller à l’encontre de l’essor des jouets sous licence, notamment de contenus liés à un film, stratégie qui a pourtant assuré la croissance de la marque pendant de nombreuses années. Kinder a sans doute l’intention de développer sa gamme propre et espère ainsi surpasser la popularité d’une Princesse Disney ou d’un Schtroumpf… Pas gagné, mais il n’y a pas de petites ambitions.

Comme souvent avec ce qui semble anecdotique, l’apparition de « surprises à assembler » vient aussi nous parler de nous et de notre époque. Hier, Kinder suggérait à l’enfant de collectionner des figurines, aujourd’hui, elle lui demande de les créer par lui-même. Voilà donc l’enfant devenu « acteur », rejoignant en cela les consommateurs « acteurs », les citoyens « acteurs » ou les habitants « acteurs » de leurs quartiers, sans oublier les seniors « acteurs de leur retraite »…

La nouvelle surprise de Kinder vient enfin nous confirmer que s’amuser doit aussi, désormais, rimer avec apprendre. Collectionner, c’est bien. Confectionner, c’est mieux. Vous voilà prévenus. Vous savez désormais comment envisager vos loisirs de cet été…

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Force relationnelle

Force relationnelle

Lorsque Starbucks a débarqué en France, beaucoup ont pensé qu’il serait difficile pour l’enseigne américaine de s’imposer au pays du petit noir et des comptoirs. Quelques années plus tard, force est de constater que les bars n’ont pas disparu et connaissent même, pour ceux qui ont su s’adapter, un regain d’intérêt auprès des plus jeunes. De son côté, en dépit du coûteux chemin d’implantation qu’elle a choisi d’emprunter, l’enseigne Starbucks semble avoir trouvé aujourd’hui sa place dans les grandes villes, entre point de repère pour touristes esseulés et oasis urbaine pour une grande partie de la génération élevée aux séries télé américaines, sensible à son aspect cool et clean.

Il est aussi à noter que Starbucks a su habilement jouer la carte des nouvelles technologies, manière de bien prendre ses distances avec « Le bar des amis » et d’affirmer sa position de pionnier du digital. Hier, vendeur de café, voilà l’enseigne devenue entreprise technologique en pointe dans la relation client. Wi-fi offert, plateforme de d’échange avec les clients, création d’un porte-monnaie électronique pour payer avec son téléphone directement à la caisse, commande et paiement à distance, bornes de rechargement de smartphones… viennent ainsi participer à la qualité de l’expérience client, renforcer le sentiment d’appartenance communautaire…  et nous révéler une nouvelle manière de pratiquer le marketing…

Car ici, chaque innovation technologique est d’abord une réponse à une source potentielle de micro-stress. Voir l’indicateur de recharge de la batterie de son téléphone chuter et ne pas avoir de chargeur sur soi, être pressé et vouloir boire un café sans faire la queue, avoir tout de suite besoin de wifi pour échanger des documents… sont autant de motivations pour se rendre dans un Starbucks, autres que de vouloir passer un bon moment autour d’un café. 

En faisant venir des clients dans ses magasins pour d’autres raisons que l’offre associée à son cœur de métier, Starbucks vient nous rappeler que la force relationelle d’une marque est désormais constitutive de son identité. Et qu’il vaut mieux parfois accorder autant de soin à sa relation client qu’à son offre produit…

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Fièvre acheteuse

Fievre acheteuse

Symptôme d’une maladie pour les médecins, l‘irruption de boutons touche aujourd’hui le monde du marketing. Ici, c’est le bouton Darty qui permet à ses clients d’appeler au secours à la moindre panne électro-domestique. Là, ce sont les boutons Buy bientôt présents dans les résultats de recherche de Google qui, d’une simple pression, enverront les internautes vers une page dédiée au produit avec options d’achat. Une manière pour le moteur de recherche de prendre des airs de marketplace. Ou encore Pinterest qui fait, depuis peu, ses premiers pas dans le commerce en ligne avec l’introduction d’un bouton « acheter » sur certaines de ses photos épinglées. Un peu plus loin, ce sont les magazines féminins sur tablettes soudain devenus « shopables » grâce à un lien permettant à la plus impatiente de leurs lectrices de devenir instantanément consommatrice. Aux Etats-Unis, le bouton Buy it s’affiche déjà sur des tweets mentionnant des morceaux de musique… Il ne sera bientôt plus possible d’accéder à une information sans être accompagné par un bouton

Que faut-il déduire de cette soudaine fièvre ? Que les consommateurs sont devenus impatients. Sans doute. Habitués à recevoir de l’information en temps réel, à checker en permanence et à exposer leurs moindres faits et gestes sur les réseaux sociaux, le présent s’est densifié et tout ce qui peut venir évoquer le futur est immédiatement considéré comme « trop loin »

Les marques ont bien compris l’intérêt qu’elles pouvaient tirer de cette situation : plus les consommateurs se mettent à réfléchir, à s’interroger, à se renseigner, à consulter les avis des autres, moins ils risquent d’acheter… Mieux vaut donc leur suggérer d’acheter d’abord et de réfléchir ensuite que le contraire… La multiplication de ces boutons ne doit rien au hasard. Elle ne serait finalement que la version électronique du fantasme du « tout de suite » cher aux marketeurs et un temps menacé par l’apparition d’une soi-disant « quête de sens » qui aurait eu pour effet de faire s’interroger les consommateurs sur leurs gestes.

Face à chaque danger potentiel, le marketing sait trouver une solution.

 

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