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Passé-recomposé

passe-recompose

Et voilà c’est la rentrée. Que retenir de cet été, hormis les variations climatiques pour le moins extrêmes ? Et bien, il n’aura échappé à personne que le nombre de commémorations fut particulièrement élevé. Anniversaire de dates historiques oblige, certes, mais peut être pas seulement. Les commémorations sont dans l’air du temps.

Evoquer le passé permet tout d’abord de donner du sens au présent. Ce n’est pas la moindre de ses vertus. Surtout lorsqu’il est devenu difficile de trouver des repères et des valeurs… Le passé a aussi un effet rassembleur. Qui peut, en effet, s’opposer à la commémoration des grandes heures et des grands moments de notre histoire ? Chacun sa vérité, mais tous unis face aux événements.

Autant que le passé, c’est la manière dont il est célébré qui mérite attention. Mis en scène et reconstitué à l’identique pour toucher le plus grand nombre, agrémenté de colloques, concerts, expositions, happenings et autres « grands spectacles » appelés en renfort pour lui donner du poids, voilà le passé « sentimentalisé » pour être plus facile à ingérer et, surtout, pour réduire la distance avec le présent. Les émotions ont ce pouvoir de transcender le temps.

Et les marques dans tout ça ? Tout ce qui nous concerne les concerne. Pourquoi ne profiteraient-elles pas de cet engouement ? Elles aussi ont un passé. Elles aussi ont des « événements » à fêter. Elles aussi ont accompagné notre histoire. Elles aussi ont de l’intérêt à tirer de mises en scène émotionnelles. Associés à un imaginaire de proximité et de qualité inhérent au « bon vieux temps », les produits « à l’ancienne » viennent conjurer l’inquiétude des consommateurs obsédés par la sécurité, méfiants de l’industrialisation et des progrès technologiques trop rapides.

Innover, ce n’est pas seulement imaginer un futur possible, c’est aussi savoir conjuguer le passé. Entre passé recomposé et futur antérieur, un nouveau temps s’invente en marketing. 

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