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Pâtisserie sélective

Pâtisserie sélective

C’est une anecdote dans le paysage « foodo-bobo », une goutte d’eau dans l’histoire du commerce, un nano-fait au regard de ce qui se passe dans le monde. A Paris, vient de s’ouvrir une pâtisserie minuscule, rue Montorgueil, qui ne propose que les « desserts signatures » de chefs pâtissiers, tels Christophe Adam ou Philippe Conticini, vendus au prix unique de 5,90 euros. Tous n’ont pas un nom comme l’Ispahan de Pierre Hermé, mais tous affichent une forme et une recette facilement identifiable et activatrice de désir.

L’idée est tellement simple et évidente que l’on se demande pourquoi elle n’est pas apparue plus tôt. Certains produits alimentaires n’ont-ils pas, aujourd’hui, acquis le statut de produits « griffés », associés à un « créateur » et à un « design » particulier qui leur permet d’exister loin de leur lieu de naissance ?

Après les magasins multi-marques proposant une offre large issue d’un nombre restreint de marques, puis les concept-stores qui, eux, disposent d’une offre sélective fédérée par un esprit commun, voici donc le magasin « best of » au petit nombre de produits d’une même catégorie, mais tous associés à la désirabilité et à la reconnaissance. C’est un peu comme imaginer une librairie qui ne vendrait que des livres issus des listes des « meilleures ventes » ou un marchand de glaces qui ne proposerait que cinq parfums. Et pourquoi pas ?

Depuis toujours, le commerce est envisagé comme un lieu d’abondance.  On y entre pour acheter quelque chose et on en ressort souvent avec quelque chose d’autre ou quelque chose en plus. Ce modèle est-il vraiment le seul ? Les consommateurs d’aujourd’hui en savent plus que ceux d’hier. Lorsqu’ils font leurs courses, ils ont de plus en plus souvent une idée exacte de ce qu’ils souhaitent, forts ce qu’ils ont vu, lu et partagé sur les réseaux sociaux. Mieux, ils veulent souvent accéder à ce que les autres ont déjà acquis et aimé, histoire de ne pas être en reste et de pouvoir, eux aussi, poster leurs images.

Ne proposer qu’une offre restreinte sous la forme des meilleures ventes d’une catégorie de produits peut donc se révéler être une stratégie marketing pertinente pour séduire à la fois ceux qui savent exactement ce qu’ils veulent… et ceux que « l’hyper choix » effraie… De la vertu de la sélectivité et de la rareté.

So What ?

Des petits magasins ne proposant que des produits iconiques : un modèle qui peut se décliner dans tous les univers…

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