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L’épicerie, le nouveau prêt à porter

A en croire la presse spécialisée, le petit grand magasin Franck et Fils de la rue de Passy va bientôt fermer ses portes pour devenir dès 2017, la seconde adresse de la Grande Epicerie du Bon Marché. Et voilà 2 700 m2 de plus consacrés à l’épicerie fine dans la capitale. Il bruisse aussi que les Galeries Lafayette auraient pour projet d’ouvrir un second Lafayette Gourmet à deux pas du BHV…

L’intérêt des investisseurs pour l’épicerie fine n’est plus à prouver. Pour les consommateurs non plus. On peut quand même se demander pourquoi notre société de consommation, traditionnellement animée par l’acquisition d’objets « signes » se tourne aujourd’hui avec tant d’âpreté vers l’épicerie fine qui, par essence, ne permet pas l’accumulation. Sans doute le signe que les consommateurs sont, désormais, davantage portés sur « l’être » que sur « l’avoir ». 

L’alimentation ne serait-elle pas aussi en train de prendre la place tenue traditionnellement par le prêt-à-porter ? A bien y regarder, les deux secteurs ne sont pas aussi éloignés qu’ils le paraissent. Ils ont d’abord pour point commun d’être tous deux animés par des « créateurs ». Les traditionnels chefs sont loin derrière nous, remplacés par des « créatifs » plus jeunes, plus modernes, voire, pour certains, carrément « hipsters ». Comme dans la mode, ils occupent les médias, portent un style de vie, une vision, qu’ils déclinent dans différents domaines.

Le monde alimentaire est également de plus en plus rythmé par des « collections » (de macarons, de glaces, de chocolats….) présentées chaque « saison » sur les linéaires sous forme de séries limitées ou de propositions éphémères… Comme les marques de prêt-à-porter, l’alimentaire est porteur d’une histoire. Celle d’une personne, mais aussi d’une origine ou d’un territoire géographique. Enfin, et ce point est loin d’être négligeable, alimentaire et mode sont deux secteurs de la consommation qui partagent (avec l’automobile) ce même penchant à devenir des sujets de conversation naturels qui peuvent aller du simple échange à la passion.

Avant l’été, ouvrait à deux pas du concept store Merci, La Maison Plisson, une épicerie fine chic aux allures de « food-court ». Sa fondatrice dirigeait auparavant une marque de prêt à porter haut de gamme pour bobos. Comment s’en étonner ?

So What ?

S’inspirer des techniques de communication du prêt-à-porter peut constituer pour l’alimentaire une source de renouvellement de ses discours : attention portée aux détails, culture de l’origine, vision du « créateur » …

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